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16.06.2010

Sauvons les retraites!

Alors que la france annonce l'augmentation de l'âge de la retraite, le JIM publie le fruit de notre première collaboration. Bonne réflexion!

http://www.lejim.info/spip/

Sauver les retraites, c’est sauver la démocratie !

mercredi 16 juin 2010

L’enjeu des retraites est non seulement fondamental en lui-même, mais également parce qu’il indique combien nos démocraties sont sous l’emprise des « marchés ». Car de quoi parlons-nous ? Alors que notre civilisation connait le plus grand progrès de son histoire, les « marchés » voudraient que ce progrès soit synonyme de misère sociale. Nous vivons plus longtemps et en meilleure santé. Pour l’immense majorité de la population, c’est avant tout une sacré bonne nouvelle. Bigre, quelle horreur ! Car pour le « marché » c’est une sacré mauvaise nouvelle. Pensez-donc, ils pourraient devoir passer à la caisse. Petit décryptage en ces moments historiques en guise d’appel à l’éveil des consciences.

Qu’est-ce que le marché ? Le marché, c’est le monde de la spéculation. Rien de plus, rien de moins. Et qui spécule ? Les actionnaires ! Et que représentent-ils ? Pas grand monde… Au total, 300 millions de personnes, soit 5% de la population mondiale, la moitié aux USA, détiennent la quasi-totalité de la richesse boursière de la planète. En France comme aux Etats-Unis, 1% des ménages détient presque la moitié du patrimoine en actions du pays [1] [2]. Pour l’ensemble des pays développés, ça représente 10 à 12 millions d’individus qui contrôlent la moitié de la capitalisation boursière de la planète, et donc une proportion à peine plus faible du patrimoine marchand de l’humanité. [3] Quel pouvoir ont-ils ? Enorme. Il n’est pas faux de dire qu’aussi bien la Banque centrale européenne que la Commission européenne sont à leurs ordres. Car les « marchés » c’est eux. Et c’est bien pour répondre aux « marchés » que la Commission et la Banque centrale européenne invitent les Etats membres à prendre des mesures drastiques en matière de retraites.

En quoi le problème des retraites pose-t-il problème aux spéculateurs (oublions dès maintenant le terme « marché » si vous le permettez) ? Les spéculateurs veulent du rendement. Et les retraites ? Les retraites sont financées soit par l’impôt, soit (comme c’est le cas en Belgique) par les cotisations sociales prélevées sur les salaires. Dans tous les cas de figure, c’est bien par le biais de l’impôt, prélevé donc directement ou indirectement sur les dividendes versés, que sont payés les retraites. Avec le vieillissement, les impôts doivent augmenter. L’horreur pour les spéculateurs. L’alternative ? Les spéculateurs ont la solution : la capitalisation. Plutôt que de prélever par le biais de l’impôt - l’argent est ainsi de suite redistribué sous forme de retraites et soutient ainsi directement la demande - les spéculateurs aimeraient plutôt qu’on leur confie notre argent pour qu’ils puissent jouer en bourse. Par la même occasion, ils gagneraient en pouvoir sur l’entreprise, et sur les salariés. Le coup qui compte triple. C’est ainsi que le MR (Mouvement réformateur) [4] et, derrière lui, la FEB (Fédération des entreprises de Belgique [5]), réclame une généralisation du second pilier de pension. Le Voka (Vlaams netwerk van ondernemingen) [6] est plus explicite encore. La très influente fédération patronale flamande exige ainsi dans sa dernière « VokaTribune » du mois de mai une « pension légale qui ne soit plus qu’une pension de base, à compléter impérativement du deuxième pilier ». Car il est impensable de payer davantage les pensions. Il faut donc que les spéculateurs viennent nous aider. Cherchez l’erreur.

Peut-on vraiment financer les retraites ? Sans contestation aucune, la réponse est oui. Il faut pour s’en convaincre revenir aux fondamentaux. La distribution des revenus entre le travail et le capital. Et que constate-t-on ? Depuis le début de la contre-révolution libérale du début des années 1980, les spéculateurs ont pris le pouvoir et n’ont cessé depuis lors d’engranger le résultat des politiques qu’ils prônaient. Le résultat tient en quelques chiffres. En France, par exemple, le rendement réel des actions (hors inflation), comprenant à la fois les dividendes et les gains en capital suite aux variations de cours, s’est établi en moyenne à 8,6% par an sur la période 1951-2000 contre 4,9% pour les obligations. Idem aux USA où les actions ont rapporté en terme réel une peu plus de 7% sur le dernier demi-siècle à comparer à 2% environ pour les obligations. Mais surtout, ces actions ont un rendement supérieur au rythme de croissance de l’économie réelle qui fut de 3,3% par an USA et de 3,5% par an en France sur cette même période [7]. Autre manière de lire ce hold-up des spéculateurs : la part des profits dans le partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières est par exemple passé de 37,6% à 39,3% au niveau européen selon Eurostat (de 35,2% à 39,3% pour la Belgique) [8]. Sur les trente dernières années, ce processus de transferts des revenus au seins des entreprises équivaut, à l’échelle européenne - et belge - à +-10% de PIB qui a été transféré des salariés (et par extension des assurés sociaux et de l’Etat) vers les spéculateurs.

Sans entrer dans une bataille stérile de chiffres, cela veut donc dire qu’il faudrait tout simplement revenir à un partage juste des revenus pour régler son sort à ce débat. Et on ne parle même pas du problème des paradis fiscaux, de la fraude fiscale, etc.

Si c’est payable, pourquoi les politiques mises en œuvre ne vont-elles pas dans ce sens ? Rappelons que les citoyens ont élu leurs représentants et que ceux-ci ont signé des traités européens. Parmi les quelques trouvailles européennes figure l’indépendance de la Banque centrale européenne et son objectif unique de rassurer les « marchés » en luttant contre l’inflation. Pour ce faire, la Banque centrale vient de nous livrer ses recommandations, dans le contexte grec que nous connaissons : S’agissant des politiques budgétaires, il est maintenant essentiel que les gouvernements réduisent les déséquilibres de leurs finances publiques et corrigent les déficits excessifs dans les délais convenus. (…) En ce qui concerne les réformes structurelles, les conclusions du Conseil européen des 25 et 26 mars sur la stratégie Europe 2020 devraient contribuer à renforcer la création d’emplois, la compétitivité et une croissance soutenable. À cette fin, les politiques devraient désormais être axées sur le renforcement de la concurrence (…)  [9] En clair, il faut renforcer la concurrence, améliorer la « compétitivité », bref, poursuivre la stratégie de Lisbonne (c’est le sens même de la stratégie Europe 2020), celle-là même qui prévoit que pour remplir ses objectifs de « compétitivité », il faut relever l’âge de la retraite…

La Commission européenne prend alors le relais, et la Grèce fait office de laboratoire pour le reste de l’Europe. Les recommandations de la Commission à l’Europe sont relatées par l’Agence Reuters ce mardi 25 mai : Lundi, le ministre grec du Travail avait déclaré que l’UE et le FMI demandaient à son pays d’aller plus loin dans son projet de réforme des retraites requis par le « paquet » de 110 milliards de dollars octroyé à Athènes en échange de mesures drastiques d’austérité. La réforme des retraites est un critère-clé d’évaluation des progrès de la Grèce dans le cadre du plan et toute difficulté sur ce dossier pourrait soulever des doutes sur la détermination du gouvernement grec à mettre en place les réformes prévues. Le projet de loi actuel octroie le bénéfice d’une retraite à taux plein aux travailleurs après 37 années de cotisation, soit trois ans de moins que ce qu’envisageait l’accord entre la Grèce, les pays de la zone euro et le FMI. Le texte grec prévoit en outre une application de la réforme à partir de 2018, alors que l’UE et le FMI souhaitent une entrée en vigueur dès 2015. [10]. Sous pression des spéculateurs, la Banque centrale européenne, puis la Commission plaident donc pour un changement du projet de loi grec, vers encore plus de précarisation des retraites, en particulier une augmentation de la durée de cotisation à 40 ans - ce qui, dans les faits, signifie une réduction des pensions octroyées…

Tout ca est fort loin, ne nous concerne pas ? Malheureusement, le débat sur les retraites est ancien et les politiques d’austérité imposées à l’Europe entière par les spéculateurs (et leurs collaborateurs de la Banque centrale européenne) ne sont que le moyen d’amplifier des politiques antérieures. Il s’agit de poursuivre le démantèlement des politiques sociales. Il s’agit de poursuivre le hold-up de la richesse collective au profit de quelques-uns. Il s’agit de continuer à faire croire que le débat sur les pensions n’est pas un débat sur la répartition des richesses. Impossible en Belgique ? Auriez-vous oublié le « pacte des générations » voté malgré plus de 100.000 personnes dans les rues ? Auriez-vous oublié le « livre vert », rendu public par le ministre des pensions M. Daerden, qui comptait ainsi lancer une grande conférence nationale sur les pensions, conférence avortée par les élections anticipées ? Nous voterons et les retraites seront alors au menu. C’est qu’il va falloir rassurer rapidement les spéculateurs…

Si nous voulons sauver la démocratie, il faudra sauver les retraites et renvoyer les « marchés » à leurs « inquiétudes ».

Luca Ciccia

Notes

[1] Autrement dit en placements boursiers : actions, obligations, etc.

[2] Actions : Titres cessibles et négociables représentant une fraction du capital d’une société de capitaux, Le Petit Robert, Paris, 1993 ; Obligations : titres représentatifs d’un emprunt à long terme émis par une personne morale et donnant droit à ses détenteurs de percevoir un intérêt annuel, ibidem

[3] Cfr « Le capitalisme total », Jean Peyrelevade, Coll. La République des idées, éd. du Seuil, 2005

[4] Parti de droite libérale

[5] Organisation patronale des grosses entreprises

[6] La plus importante organisation patronale flamande

[7 « Le capitalisme total », Jean Peyrelevade, op. cit.

[8] « Profits and Investment of Non-Financial Corporations, 1995-2007 », Statistics in Focus 28-2009, Eurostat,

[9] Banque centrale européenne. Bulletin mensuel, 15 avril 2010. Edito. www.ecb.europa.eu

[10] Agence Reuters : http://fr.reuters.com/article/frEur…

13:24 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

11.06.2010

je voterai ecolo, même si...

Depuis que j'ai le droit de vote, pas une élection sans avoir voté Ecolo. Plus de dix ans de fidelité. J'ai depuis évolué,  Ecolo également. Nous nous retrouverons donc encore ce 13 juin. Pourtant, le geste sera moins sûr et c'est davantage la raison qui me guidera. Il est loin le temps du vote "émotionnel".

A peine 20 ans, 1999, mon premier vote pour Ecolo. Je votais pour un parti nouveau, frais, résolument à gauche, de toutes les indignations: sociales, économiques, écologiques, feministes, tiers-mondistes; pacifistes; fédéralistes, etc. Le pouvoir pour le pouvoir était dénonçé, le pouvoir de l'argent, le pouvoir de l'homme, le pouvoir du patron, le pouvoir de la multinationale, le povoir des marques et du tout à la consommation, le pouvoir du nucléaire, de la bagnole, des lobbies militaires, des dictatures de par le monde, etc. L'indignation était le moteur. Il y avait urgence à changer le monde, radicalement.

Ecolo prônait alors haut et fort l'abandon du nucléaire, une réforme de l'Etat basée sur le pouvoir local et le suffrage universel, basée sur des partis non assoiffés de pouvoir mais au service des citoyens,  des services publics et non-marchands forts, des allocations sociales fortes, de la prévention plutôt que des prisons, de l'école plutôt que de la formation forçée pour les chômeurs, de la réduction collective du temps de travail pour une société de plein-emploi mais où l'emploi n'est pas toute la vie, où la consommation n'est pas une fin en soi, où l'armée fait la paix, une europe non libéralisée, des capitaux qui ne dictent pas ses lois aux etats, etc.

Ecolo proposait une société heureuse, il était porteur d'espoir, porteur de changement vers une société meilleure, plus égalitaire, plus respectueuse des citoyens (tous sans exception, de l'étranger au malade en passant par le criminel ou le chômeur) et de l'environnement (sans exception là aussi...). Ecolo était alors synonime de changement, et il jouait la carte des mouvements sociaux et syndicaux. Morael était un grand monsieur, il inspira toute une génération. Il m'inspira. IL compris et fit comprendre que le changement supposait un parti ecolo fort et une alliance réelle avec les mouvements porteurs de changements: l'associatif, les travailleurs des services publics et non-marchands, les syndicats, les enseignants, etc

Quel bonheur que ce soir de vote. J'avais participé à la concrétisation de l'espoir.

Et puis...

Et puis ecolo découvre le pouvoir, les joies des coups bas et des coalitions majoritaires; se doit d'accepter les retours en charter, la contractualisaiton des minimexés, etc.

Mon premier vote fut le bon, il le sera encore cette fois, même si...

10 ans plus tard, je voterai encore Ecolo. Mais c'est cette fois, le vote sera davantage rationnel.

Je ne retrouve plus assez cette fraicheur, cette radicalité, cette indignation, ce sentiment d'urgence à ce qu'il faille une autre société, un autre modèle de développement, une autre organisation démocratique de la société, du monde. Certes les fondamentaux sont toujours là, pour ceux qui ont vibré sur ces fondamentaux en tout cas... Pour autant les autres partis sont ce qu'ils sont et dans le système politique qui est le nôtre, voter pour un petit parti ou voter blanc est inutile. Je veux que mon vote soit utile, je veux que mon vote permette d'orienter les équilibres politiques. Ecolo est encore ce parti porté par l'indignation et le sentiment d'urgence, même si...petit pas par petit pas...

En matière sociale, Ecolo a clairement mis en avant l'enjeu de la faiblesse des allocations sociales. Il a défendu les cpas, la sécurité sociale, les pensions légales, le financement croissant de la sécu en lien avec l'espérance de vie. Pourtant, il a surfé sur la vague des réduction de cotisations sociales (et on peut craindre que la taxe sur les mouvements spéculatifs ne pourra compenser ...). Pourtant, malgré une position forte sur la chasse aux chômeurs, dans chaque grand débat, il s'est contenté de parler de l'accompagnement, n'a pas su défendre fièrement sa position. Pourtant, malgré une position courageuse sur la réduction collective du temps de travail, dans chaque grand débat Ecolo a préféré parler de sa politique de soutien aux activités et investisseurs. Pourtant, en matière de revendications féministes, malgré ses bonnes positions (individualisation, réforme titres-services, etc.) je ne pense pas avoir entendu Ecolo porté "collectivement" un thème fort relatif aux femmes.

Ecolo a donc dit et fait beaucoup, même si...

En matière écologique, ecolo n'a rien à prouver et la campagne ne se faisait pas sur ce thème. Néanmoins, on aurait pu espérer un peu plus de radicalité et d'indignation. Le réchauffement n'attends pas le communautaire ou la crise (quoi que...). Le pic pétrolier est passé. On aurait aimé un ecolo plus encore en pointe sur ces questions. in fine, certains pourraient croire que ps-cdh-ecolo et même mr, sur les questions d'environnement, après tout... Alors que plus que jamais, les autres partis ne semblent pas encore avoir compris l'impasse dans laquelle on se trouve. C'est très clair dès qu'il s'agit de parler de transition écologique de l'économie. Ils sont encore très loin d'avoir compris les implications de cette idée.. Ceci étant, Ecolo l'a compris, mais on ne peut dire qu'il ait rellement osé l'aborder. Pourtant, n'est-ce pas la quête individuelle de profit qui est à remettre en cause? Ecolo n'a pas encore osé abordé ce taboo. Bref, ecolo reste la valeur sûre en ces matières dans le contexte politique que nous connaissons.

Ecolo a donc dit et fait beaucoup, même si...

 

En matière démocratique, ecolo a fait le pari de l'intelligence. Sur le fond, ils ont raison, il ne faut pas céder à la panique, croire en la Belgique. J'avoue, en tant que bruxellois, avoir parfois du mal avec cette position car je sais combien le conflit communautaire est bien plus important que ce qu'il n'est compris au sud. J'ai vu dans les couloirs de l'acv-csc combien le communautaire était partout dès qu'il s'agissait d'enjeux socio-économiques (chômage, emploi, santé, etc.). Je sais combien le débat communautaire a des relents libéraux nauséabonds et sont fondamentalements contre le progrès social car le progrès de la civilisation c'est d'élargir au monde la sécurité sociale, pas de la réduire au village...même si c'est dans l'ouverture et le respect. Enfin, l'attitude d'Ecolo était la bonne, la flandre ne veut pas d'indépendance, elle vit une autre réalité, la frontière linguistique est un fait majeur pour eux que nous devons accepter. Mais j'ai peur... Jusqu'à quel point devrons-nous être ouvert pour sauver la Belgique? Et surtout, je ne comprends pas pourquoi les idéaux premiers des écolos n'ont pas été davantage mis en avant: la démocratie plus directe! N'est-ce pas aux citoyens à organiser leur etat? Ils ne sont pas sépartistes disons-nous. Et bien laissons les chosir et organiser davantage leur organisation politique. Non?

Ecolo a donc dit et fait beaucoup, même si...

En matière de guerre et de paix, on n'a pas entendu ecolo. La campagne ne se faisait pas là-dessus. Et puis, que peux faire la Belgique après tout... Le problème c'est que la belgique fait! Le 11 septembre le monde a changé. Les néoconservateurs américains ont pris le pouvoir sur le monde et l'emmène depuis lors -obama ou pas- dans un cycle sans fin de guerre pour l'énergie et le contrôle du monde. Et la Belgique y participe. Elle est en afghanistan. L'Ecolo de ma jeunesse n'aurait participé à un gouvernement qu'à la condition que les troupes rentrent au pays! Enfin, au vu de ce qu'on dit les autres...

Ecolo a donc dit, et fait beaucoup, même si...

 

Je deviens long, je conclus donc ici assez sobrement;

Ecolo a dit. Il fait beaucoup. Et... comparativement aux autres, il reste donc le meilleur vote à mes yeux, même si...

 

ps: à ceux qui voudraient utiliser ceci pour inviter à voter pour un autre parti, sachez juste que le cdh, parti du centre ne démentira pas le proverbe qui dit que le centre est un long long couloir et qu'au fond, la première porte est toujours à droite! Le ps lui est encore et toujours un parti gestionnaire, un parti de pouvoir, et fondamentalement ne connaitra plus aucune radicalité en matière sociale et moins encore en matière ecologique. Quanx aux petites listes, elles sont et resteront inutiles. Même si j'avoue quelques affinités pour certains candidats du front de gauche.

 

ps; "même si.." ne doit pas inciter à la fatalité mais, au contraire, il doit inspirer la vigilance et la militance car demain est un autre jour, et les partis peuvent changer, dans tous les sens... Ca ne dépends que de nous après tout, non? La démocratie des écolos, c'est d'abord et avant tout la liberté de parole et l'auto-critique. C'est là une fierté collective, sans doute parfois difficilement compréhensible pour le non-écologiste ;-)

21:20 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

01.05.2010

1er mai spécial RTT, compétitivité et pauvreté.

Quelle drôle de campagne... quel drôle de premier mai

La crise financière fut un cataclysme. Les conséquences sociales sont directes: les états sont endettés (pour renflouer les fauteurs de crises) et ne peuvent mener de politiques sociales (vu le tabou sur la fiscalité et ces soi-disants "charges" trop fortes alors même que les inégalités après impôts ont plus augmenté ces dix dernières années que les inégalités avant impôts: de 1997 à 2007 +16%  d'inégalité avant impôt, +22% après impôt) . Mais la conséquence première de la crise c'est évidemment la hausse du chômage. 700.000 personnes sont hors du "marché du travail". Dans le même temps, 15% de la population belge vit sous le seuil de pauvreté. Et la précarité au travail ne cesse de croitre. Alors voyons si cette campagne "socio-économique" répond à cet enjeu crucial.

Alors que le nord a pour objectif prioritaire une réforme de l'Etat pour tranformer l'Etat fédéral en Etat confédéral, le sud fait essentiellement campagne sur le socio-économique. Drôle de posture que de se poser en fédéralistes sans réellement entendre les volontes du nord du pays et ainsi créer les conditions du blocage.

Le Nord veut pouvoir mener des politiques de réductions de cotisations sociales ciblées (et ainsi créer des différences salariales entre régions), veut pouvoir mener des politiques fiscales ciblées (et ainsi créer un avantage compétitif en leur faveur que ne pourrait financer le sud), veut pouvoir mener des politiques sociales différentes (et ainsi créer des inégalités entre enfants par le biais des allocations familiales, ou entre malades, par le biais des soins de santé).

Mais le Sud veut nier le caractère socio-économique des débats communautaires et semble donc vouloir faire campagne sur le socioéconomique. Soit. Voyons ce qu'il en est des débats socio-économiques.

Mais d'abord, un peu d'histoire. 1979 et 1980 sont un tournant majeur. La droite néolibérale prends le pouvoir et met en oeuvre le "consensus de washington": moins d'Etat, moins de fiscalité, moins de sécurité sociale, plus de "libre-échange". Le pouvoir de l'Etat est donné aux actionnaires. La croissance économique n'a plus pour but l'évolution collective du bien-être. Jusqu'ici, la richesse produite par les entreprises étaient distribuées équitablement entre actionnaires et salariés. Ces augmentations salariales se traduisent en augmentations salariales ou en réduction de temps de travail. Si l'on réduit le temps de travail de X heures semaine, celà équivaut à une augmentation salariale de X%. Ensuite par le biais des cotisations sociales (sécu) et des impôts (services publics et collectifs), les richesses étaient redistribuées de manière croissante. Le début des années 80 inverse la logique. Il s'agit dorénavant d'être plus compétitif que les autres. En réalité, les pays, les salariés sont mis en compétition. La productivité des richesses augmentant, les revenus des actionnaires augmentèrent comme jamais dans l'histoire du capitalisme. Mais le chat se mordait la queue. La consommation des ménages ne pouvait être que faible vu que la distribution et la redistribution des richesses étaient trop faibles. On produisait plus qu'on ne pouvait consommer. La mondialisation et l'importation de biens produits en asie par exemple pouvait compenser un peu mais... arrive la crise de surproduction. Ajouter le contexte de la crise énergétique et vous avez les fondamentaux de la crise. Les subprimes ne sont que la pointe de l'iceberg. En Belgique, ces politiques sont également mises en oeuvre. La modération salariale s'organise par la loi et impose la "sauvegarde préventive de la compétitivité". Les salaires des belges ne peuvent évoluer plus vite que ceux des pays voisins, peu importe la différence de productivité. C'est ainsi que les revenus du "travail" ont perdu près de 10% de PIB (total des richesses crées-distribuées) au profit des actionnaires. Le temps de travail n'a donc pas pu diminué. Les marges d'augmentations salariales étant trop faibles.

Revenons à notre campagne "socio-économique". Jusqu'ici, personne pour parler de la modération salariale, personne pour parler de réduction collective du temps de travail. Curieux... Pourtant, les causes de la crise sont à chercher dans une pression trop forte sur les revenus du travail. Pourtant, le chômage massif est à chercher dans un arrêt de la diminution collective du temps de travail (et aussi dans le fait que les  bénéfices ahurissants ont servir la spéculation plutôt que l'investissement. Il faut dire que l'investir aurait été inutile vu l'incapacité à consommer ce qui aurait été produit...).

Certains à gauche évoqueront sans doute le partage du temps de travail sous forme de diminution de temps de travail pour la fin de carrière. C'est évidemment anecdotique dans le débat qui nous occupe. Certains renverront la responsabilité de la réduction du temps de travail aux partenaires sociaux. Et là, on touche à l'hypocrisie la plus incroyable. Car c'est bien une loi votée par des politiques qui impose aux organisations syndicales l'impossibilité d'aller chercher la juste distribution des revenus. C'est cette loi qui empêche toute possibilité de réduire collectivement le temps de travail. Renvoyer le débat sur la RTT aux partenaires sociaux c'est comme renvoyer la femme battue s'arranger avec le mari. C'est juste irresponsable.

Si vous n'entendez aucun parti à gauche faire campagne pour une révision de la loi de 96 qui érige au rang de principe la compétitivité et sacralise le pouvoir des actionnaires, tout ce qui sera dit sur l'emploi ne sera que fort peu de choses. Et donc au final, cette campagne n'aura pas abordé les enjeux socio-économiques liés aux dangers du confédéralisme (insitons sur le fait que les demandes flamandes ne sont rien de plus que la contintuité des politiques néolibérales de recherche de compétitivité... ), et la campagne dite "socio-économique" n'aura été qu'une belle prestidigitation.

Une lueur d'espoir tout de même. Ecolo a déposé une proposition de loi visant à relever toutes les allocations sociales au seuil de pauvreté. Sans le dire, ceci remet en cause la loi de 96. Il est clair que dépenser 2,5M d'euros (moitié moins que les intérêts notionnels!) à relever toutes les allocations sociales devrait dans le même temps contribuer à relever de manière importante le salaire minimum. Très curieusement, alors que tous les partis se disent préoccupés par la pauvreté, alors que CDH et PS ont dans leur programme cette proposition, personne n'a jusqu'ici soutenu cette proposition de loi déposée par Zoe genot.  Et c'est bien logique, car à promettre la lune (relever les allocations sociales ou réduire le temps de travail) sans construire de fusée (et remettre en cause la loi de 96 de sauvergarde préventive de la compétitivité), on se retrouve bien vite la tête dans le sable à faire l'autruche...

Ha ce qu'elles sont lointaines les fêtes du travail...

 

19:16 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

28.04.2010

une "drôle de campagne"...

Qu'on se le dise, le décalage entre les citoyens et les dirigeants politiques atteint son paroxysme. Plusiers élements d'explication. Celui que je retiens ce jour c'est... la peur! La peur des dirigeants explique leur silence. Et le silence ne permet pas aux citoyens de comprendre les vrais enjeux.

Retrocates:

-la campagne 2007:  au nord du pays la campagne est rude sur le plan communautaire. Il faudra régler BHV et aller vers une belgique confédérale. Au sud, la campagne est fort discrète sur ce thème et tout au plus on dit vouloir négocier, discuter, etc. Bref, le dirigeant francophone est ouvert au dialogue...

-Bye Bye belgium: vous souvenez-vous des réactions des ténors à cette émission. Si elle était malheureuse sur la forme, il demeure que cette émission posait les justes constats. Si nous ne parvenons pas à répondre aux demandes démocratiques flamandes la Belgique mourra. Si nous ne parvenons pas à fixer le seuil en deçà duquel nous considérons que la belgique n'a plus de sens, la belgique mourra. Réaction des ténors à l'époque: la RTBF est sortie de son rôle, fait peur aux citoyens, ne peut utiliser l'argent public à cette fin, etc.

-Ce jour:  Le billet du jour de Montay est assez revelateur. Elle evoque un "déni de scrutin" côté francophone. De plus, hormis la sortie de Louis Michel de ce jour qui entrainera peut-être tous les autres, la campagne côté francophone sera plus que probablement fort similaire à ce qu'elle fut en 2007. "Nous sommes pour le dialogue, le compromis". Bref, des discours gentils sur la forme, rien sur le fond. Pas très courageux et surtout pas très démocratique.

Ma petite opinion personnelle: la peur tétanise les ténords.

Peur de quoi?  Le confédéralisme touchera nécessairement aux fameux transferts nord-sud puisque c'est bien là le problème flamand. De quoi parle-t-on? de sécurité sociale, d'emploi, de salaires, de fiscalité, etc. Les francophones espéraient gagner du temps pour que wallonie et Bruxelles aient suffisament de réserves que pour amortir d'éventuelles augmentation de charges. Mais la crise est arrivée, l'endettement a explosé, le chômage également. Et le scénario de la scission du pays est tout simplement impossible à imaginer car la viabilité d'une wallonie seule est plus que compromise, tandis que Bruxelles, soumis à une augmentation de sa population "précaire" n'est pas dans une bien meilleure situation. Il faudra donc négocier et accepter.D'autant plus que la situation change considérablement la donne. Les faits politiques sont tels que la belgique fédérale est morte. Pas sur que toutes les élites politiques l'ait compris. L'histoire indique pourtant que les textes, les lois, les coutumes, les constitutions ne sont rien que l'expression d'un rapport de force, d'une situation à un moment T. Si la situation change, les textes ne valent plus, c'est le fait politique qui s'impose... Le fait politique actuel: la flandre concoit la belgique comme une belgique confédérale, et agit en conséquence, y compris en votons contre la minorité. Le vide fait peur, donc on ne dit rien, s'accroche à ce qui était; ne reste alors que l'attraction vers le vide...vers le pire

Et nous voilà en campagne: une drôle de campagne, à l'instar de cette "drôle de guerre"...

Ma crainte (comme toute peur, avec un fond de non rationnel) : les partis FR refont une campagne "discrète" sur le communautaire. Les négociations avec les néerlandophones ne peuvent dès lors aboutir. La scission est alors de facto une réalité politique. L'autonomie étant non viable et la Flandre ne pouvant se résigner à lâcher bruxelles, le rattachement de la wallonie à la France est inéluctable, tandis que Bruxelles, pour survivre, devra bénéficier d'aide extérieure... européenne et ainsi devenir une ville internationale avec un risque démocratique sérieux pour les bruxellois. Autre option du pire: la belgique recoupe la communauté wallonie-bruxelles qui reprendrait à son compte les compétences fédérales (sécu, emploi, etc.) mais les régionalistes ont la vie longue... et les débats ne se sont jamais vraiment tenus, et les finances sont ce qu'elles sont...

Mon espoir: j'espère que les partis francophones sauront aussi faire campagne sur le communautaire car le communautaire EST socio-économique. Le confédéralisme a des conséquences socio-économiques majeures. Jusqu'à un certain point il peut être acceptable d'autant que... la scission a des conséquences socio-économiques plus graves encore. La peur ne peut plus guider nos politiques. Il faut pouvoir aller à la rencontre du citoyen et lui expliquer ce qu'on entend par belgique, ce qu'on souhaite voir régionaliser-communautariser et ce qu'on souhaite faire de compétences qu'on voulait garder fédérales mais que nous devons renvoyer vers un niveau inférieur. La flandre veut par exemple régionaliser les allocations familiales et la santé. Nous n'en voulons pas. Bien. Mais si nous devons nous y contraindre, qu'en ferons nous, dans quel cadre? Chacun dans sa  région, ou ensemble via la communauté wal-brux?

L'électeur n'a-t-il pas droit à ces débats là? devons nous considérer que c'est si complexe qu'il ne sert à rient de l'embêter avec le communautaire (ainsi soustrait de sa dimension socio-économique pourtant fondamentale)?

Faudra plus s'étonner du décalage entre citoyens et monde politique si celui-ci continue à éviter les vrais débats et à s'en tenir à des postures de négociations qui ne peuvent plus fonctionner et ne mener qu'à la scission...

 

 

 

16:08 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

07.04.2010

PS "éco-solidaire" et réduction du temps de travail...

Ce week-end, c'était les 125 ans du PS. Di Rupo en profite pour se livrer au journal "Le Soir". 4 Chantiers ouverts au PS devant se conclure dans les 6 mois et plus que probablement servir au lancement de la campagne électorale fédérale de 2011. Le nouvel objectif du parti : "une société prospère éco-solidaire".

1er défi: le modèle économique "Créations de richesses, croissance, recherche, technologie, dimension environnementale, monde financier, économie réelle, celle des petites et moyennes entreprises, nouveaux modes de consommation ", détaille Elio Di Rupo.

2ème défi: la sécurité sociale et spécifiquement la CSG. Il faut réduire la " pression des cotisations sur le travail et identifier des moyens financiers alternatifs".

3ème défi:  l'écologie sociale. "Faire en sorte que chacun puisse contribuer à la réduction de la consommation d'énergie fossile, des émissions de gaz à effet de serre, en aidant les plus humbles à réaliser les investissements nécessaires".

4ème défi: dimension psychologique de la société et des citoyens. "Après 30 années d'un libéralisme économique débridé, on sent un mal-être. Comment dépasser cette société du mal-être ? Un défi pour nous"

On ne peut que se féliciter de ces 4 enjeux pointés par les socialistes. Ils rejoignent les priorités des écologistes. Sans entrer dans les stériles querelles partisanes, deux réflexions à avoir:

1/ Le PS est-il prêt à porter et défendre les conclusions que ne manqueront pas d'orienter ces 4 débats internes. Ces conclusions devront répondre à quelques questions fondamentales: quelle transition écologique de l'économie, quel système économique, quelle régulation, au profit de qui, de quoi, quel rôle de l'Etat? Le fonctionnement actuel du PS, le grand-écart entre les discours et les actes, le faible renouvellement des cadres, le contexte de concurrence avec Ecolo qu'il s'agit de dégraisser de manière cynique si besoin sont autant d'élements qui n'incitent guère à l'optimisme;;;

2/ Ecolo est-il à même d'être la force de progrès qui réponds le mieux à ses enjeux, qui est le mieux à même de défendre un programme s'y inscrivant? Voyons thème par thème:

-transition écologique de l'économie: sans revenir sur le précédent "Cita verde" qui démontra ce qui continue à distinguer les socialistes et les écologistes, Ecolo (et plus spécialement J-M Nollet) a développé l'idée du green new deal: véritable plaidoyer pour un changement de régulation économique visant à développer l'économie de projet, le rôle de l'Etat dans la régulation financière, questionnant le PIB, développant le besoin des services collectifs et la nécessaire décarbonisation de l'économie. On peut le dire, Ecolo est et reste à la pointe sur ces enjeux et le seul acteur politique crédible sur ces questions fondamentales. Un gros bémol. S'en est suivi, en 2007, l'adoption du programme socio-économique qui relegait aux oubliettes la réduction collective du temps de travail. L'économie de projet devait être vendable. Ecolo "fossoyeur de l'emploi" devait être oublié. Les alliances emploi environnement furent l'idée de génie. L'écologie devenait l'avenir de l'économie...J'y reviendrai...

-sécurité sociale et CSG: si le programme des régionales 2009 est plus que réduit sur les enjeux liés à la sécu, il demeure qu'Ecolo a quelques fondamentaux et propositions dans ces tiroirs et qu'elles n'en sont pas moins fondamentales. C'est Ecolo qui dépose une proposition de loi visant à relever toutes les allocations sociale au seuil de pauvreté. C'est Ecolo qui défend le premier pilier de pension et propose une certaine socialisation/orientation publique du second pilier. C'est Ecolo qui défend l'individualisation des droits sociaux. Et j’en passe. Quand à la csg à la sauce verte… Malheureusement, actuellement, elle ressemble trait pour trait à celle prônée par le ps ou la csc. Il s’agit essentiellement de diminuer le cout du travail (et donc de relever davantage les revenus de la rentes, des actionnaires) et d’augmenter la tva sur la consommation… La CSG en ce sens c’est donc un transfert non solidaire de la charge de la solidarité. Pourtant on pourrait en faire autre chose de cette CSG... J’y reviendrai

 

-L’écologie sociale : quoi qu’en pensent les socialistes, le système de prime, les possibilités de préfinancement et toutes les mesures mises en œuvres sont globalement pensée pour prendre en compte les petits revenus. Néanmoins, il demeure que le locataire urbain est peu directement bénéficiaire de ces mesures… Un thème de débat pour les verts : pourquoi réfléchir au problème du bâti sous l’angle de l’individu ? Pourquoi ne pas avoir une réflexion plus large, plus « collectivistes » et prendre ainsi réellement à bras le corps le défi de la rénovation du bâti. Suite logique, plutôt que de partir des individus, pourquoi ne pas fonctionner par rénovation par quartier ? Pourquoi ne pas cibler les quartiers à haute densité de population (locative) et rénover ces quartiers. Pourquoi ne pas procéder à géométrie variable : les primes pour les uns (plus aisés), les rénovations groupées pour les autres (avec demande d’intervention des propriétaires, mesurée, négociée…) ? Une autre manière de prendre pied dans cet important débat c’est aussi de ne pas limiter les enjeux sociaux portés par les écologistes à une préoccupation de type « sauvons l’environnement en prenant en compte les difficultés des petites gens »… Un bête exemple : qui ce jour défend des propositions visant à répondre au problème crucial qu’est le chômage ? J’y reviendrai…

-Les maux de la société de consommation : le drame Francorchamps est encore dans les mémoires. La publicité est un fléau, tous s’en accordent, mais qui oserait s’aventurer réellement contre les besoins des citoyens… Ils sont rares les hommes politiques capables de se présenter à leur suffrage avec une opinion à contre-courant. Ha ce qu’on regrette le temps ou un Mitterrand pouvait se faire élire malgré ses positions sur la peine de mort… Et dans un époque ou le temps est absorbé par la sphère marchand, ou le travail s’insinue dans le privé de manière constante, lutter contre la société de consommation c’est d’abord lutter contre la marchandisation de l’espace privé. Que proposer en ce sens ? J’y arrive

Tout converge vers une revendication phare des écologistes renvoyée pour des raisons stratégiques dans les vestiaires : la réduction collective du temps de travail !

La réduction collective s’inscrit dans les enjeux sociaux, de lutte contre la société de consommation, est un frein à la société productiviste, rappelle combien l’écologie est aussi sociale.

Quelle modalité ? Je pense qu’il est temps de donner un supplément d’âme aux propositions de csg –csr etc. Il faut réduire les cotisations « pesant » sur le travail, les compenser de manière équilibrée et juste (revenus de la rente en capital, immobilière et mobilière), et conditionner le tout à une vaste réduction collective du temps de travail, annualisée ou mensualisée ou hebdomadaire, peu importe.

Plus que jamais, pour ecolo, pour la gauche, la réduction du temps de travail est le combat à mener. La FGTB francophone le porte, le moc francophone le porte. Groen le porte. Il est temps de grossir les rangs...

 

11:47 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

24.02.2010

Au "Carrefour" de toutes les crises

Le groupe annonce donc son intention de se séparer de plus de 1600 salariés, un peu plus de 10% de son personnel. Une restructuration emblématique des enjeux socio-éco de notre époque il me semble tant ce groupe touche à des problématiques diverses, et se situe, pour reprendre cette bonne expression de note temps, au "carrefour" de toutes les crises...

Les enjeux que je pointerais assez rapidement sont de trois ordres:

1/ financiarisation des entreprises

Très clairement, le groupe carrefour est depuis quelques années à la solde de fonds de placement de type private equity qui veulent de très hauts rendements...et pousse ainsi à une très mauvaise gestion de l'entreprise (à court terme pour faire simple). Les salariés ne sont que variables d'ajustements...et le profit à tout prix règne en maitre tant ce licenciement appelle peu de réaction des ministres de l'emploi qui ne peuvent en fait pas faire grand chose dans le contexte actuel... qu'ils mettent en oeuvre. No comment!

2/ démocratie sociale, dumping social, délocalisation sur place

En misant sur le développement de la franchise, carrefour s'adapate aux nouvelles moeurs: les consommateurs reviennent vers le petit commerce local qui n'est plus local par sa géographie (et plus par sa production: voir plus bas). Mais sa volonté réelle relève surtout du dumping social. La concertation sociale s'est construite à la faveur du développement de la grande distribution. Les affiliés et militants syndicaux sont historiquement plus présents dans les très grandes surfaces (logique!). Le rapport de force y est donc plus favorable, les conditions de travail également. La structuration de ce dialogue social a donc segmenté la distrution en plusieurs commissions paritaires avec des avantages négociés au fil du temps séparément. En développant la franchise, la grande distri vole dans les plates bandes des vraies pme et profitent donc de conditions de travail inférieures, assurant ainsi une plus grande marge de profit... Et ils font d'une pierre deux coup: le rapport de force s'en ressentira très rapidement...

3/ quel mode de développement?

La grande distribution dont Carrefour est l'un des symboles participe du développement de notre société de consommation, fait pression sur la standardisation de la consommation, fait pression sur les producteurs (en France, elle controle les 6 centrales d'achat qui sont l'interface obligatoire entre tous les producteurs et la quasi totalité des vendeurs...). En se développant sur le terrain du petit commerce de détail, après avoir sapé à sa source les petits producteurs, la logique de développement durable, de consommation durable, d'alimentation saine s'éloigne chaque jour un peu plus. J'ajoute que le refus du ministre Henry du projet Città Verde est à cet égard emblématique (outre les aspects mafieux de cette sordide affaire) de ce qui peut differencier ecolo des autres partis...

En guise de conclusion

L'annonce de de fermetures de magasins par Carrefcour appelle trois types de réactions: la remise en cause du mode de développement/consommation/production; la constitution d'une commission paritaire unique pour toute la grande distribution, franchisés compris, la lutte sans merci contre la financiarisation des entreprises et de l'économie pour que le développement (juste, durable, éthique) de l'économie réelle soit le seul objectif possible de tout investissement.

 

23:54 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

20.02.2010

foutue ambition...

Une clé de lecture parmi d'autres: foutue ambition...

Je m'explique: pour faire simple, le chômage, le réchauffement, la pauvreté ne cesseront tant que ceux qui détiennent les clés du pouvoir aient pour seul réel objectif leurs quêtes de profit. C'est à l'occasion de la crise que le capitalisme fut critiqué sous un angle moral: la cupidité était dénonçée, il nous fallait "moraliser" le capitalisme.

Je suis toujours stupéfait de la naiveté de certains amis de gauche qui croient encore qu'il suffirait d'un changement culturel, de la bonne volonté des futurs chefs d'entreprise et investisseurs pour que demain la société fonctionne mieux, prenne en compte les dettes externes qu'ils créent (pauvreté, pollution, réchauffement, asthme des enfants,  cancer, etc.).

Problème: la quête de profit est nécessairement incomptible avec cette logique de "contagion culturelle". La bonne volonté des parties ne peut suffire. Toujours difficile d'agir contre ses propres "intérêts".

C'est là qu'intervient cette foutue ambition. In fine, nous sommes tous un peu cupide, tous envieux, tous désireux de gravir l'échelle sociale, tous ancrés dans notre société qui détermine les attributs de l'ascenssion sociale. Les "petites gens" aussi veulent consommer plus, partir loin en vacances, avoir une plus grosse/neuve voiture. D'une certaine manière, la cupidité que l'on dénonce quand on évoque les grands patrons/financiers se confond assez bien avec l'"ambition" de tout un chacun.

Et la gauche là-dedans? Comment expliquer son immobilisme, son manque de courage? Pourquoi cette pensée "unique", cette peur du débat, du risque électoral?

La question que je me pose tiens en une phrase: et si c'était cette même cupidité, cette même ambition qui empêchait les gens de gauche aspirant à ou devenus responsables à oser affirmer leurs positions?

La belgique se gouverne au centre, tout converge vers le centre. Pour gouverner, faire des voix, il faut donc ne pas prendre de risque, ne pas oser les débats qui fachent. Il faut être gentil avec les patrons, il faut ne pas trop parler de réduction du temps de travail, quit à se renier... 

 

C'est oublier un rôle important du pouvoir politique: il est d'abord et avant tout supposé être constructeur d'opinion. On peut craindre que beaucoup aient oublié cette mission première du politique préférant surfer sur la vague, et laissant à d'autres (mais à qui?... ceux qui détiennent les mass-médias en lien avec toute une série de lobbies aux intérêts particuliers pour faire court, ceux-là même qui ne veulent pas de changement) le soin de construire l'opinion.  En laissant ainsi l'opinion aux mains d'intérêts privés, le politique saborde ses propres fondements, et c'est la démocratie elle-même qui se meurt, doucement, lentement, mais surement, sous nos yeux...

Foutue ambition...

15:15 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

10.02.2010

à trop écarter... part2

à la question "comment ecolo saura concilier l'inconciliable" (je résume la fin du premier post)

tentative de réponse qui se résume en deux mots: la relance verte!

Car là dessus, tout le monde s'accorde, à gauche comme à droite, syndicats et patrons;

Mais pas pour les mêmes raisons...

A droite, c'est de fait une occasion de relancer la machine... C'est qu'avec ce foutu réchauffement, va falloir réduire nos émissions de CO², et c'est toute l'industrie du batiment, de l'énergie (electricité, chauffage, etc.), du transport qui doit être transformée... Bref, des perspectives de croissance et de profits pour les actionnaires, patrons, libéraux de tout poils.

 

et à gauche?

A la clé, la révolution verte (mini la révolution hein...) pas mal d'emplois, des milliers!

Ouf, nous voilà sauvé...

sauf que:

- pour lutter réellement contre le réchauffement l'effort réel est énorme,  impossible; l'intensité carbonique mondiale devrait -en 2050- être 130 fois moindre qu'actu!

-les emplois verts ce sont des milliers, mais pas des centaines de milliers (en belgique) ou des centaines de millions (à l'échelle européenne)

bref: les emplois verts, ca ne sauve ni le climat, ni les chômeurs, ou juste une très petite partie

 

disons donc pour conclure que les emplois verts, s'ils satisfont gauche et droite, mettent surtout en lumière l'incapacité de la gauche  à réellement mettre en question notre modèle de développement et, derrière elle, le fait que toute notre société est organisée dans un seul but: permettre à ceux qui ont, d'avoir toujours plus...

pourtant, la dynamique est lançée et, qui sait, peut-être que par ce biais, c'est bien toute l'économie qui saura être verdie... pour peu qu'on ait le courage de remettre ses fondements fondamentalement en cause.

rien n'est moins sûr

la société avance en fonction des rapports de force en présence et c'est bien ceux qui ont qui détiennent les clés du changement

disons donc qu'on a besoin d'eux pour commencer le changement, le tout est de savoir qui utilise qui...

 

 

21:16 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.02.2010

C'est la crise!!! Mais chuuuut

Les bourses recommencent à plonger. Il était temps... C'est qu'après le choc de l'automne 2008, les gouvernement ayant renfloué les banques et fait des plans de relance, tout le monde pensait -ou plutôt les élites voulaient faire croire- que le pire était derrière... d'ailleurs les bourses n'ont cessé de remonté ces derniers mois, malgré la récession!

Rappelez vous les titres des journaux de septembre octobre 2008. La crise était à la une chaque jour. Sauf qu'à l'époque, la crise était uniquement financière. La vraie crise, c'est maintenant, les emplois détruits, c'est maintenant. Et le pire est à venir...Et ca se passe maintenant, mais chuuuut

Que se passe-t-il?

Assez simple à comprendre en fait. La crise financière explose avec la crise de l'endettement. Il se trouve que notre croissance avait besoin d'endettement. Les ménages usa savent plus suivre, les institutions financières sont en faillite viruelles, réelles pour certaines, et sauvées par les Etats pour d'autres. Ouf, fin de l'histoire...

sauf que...

En fait, l'endettement a justé ét transféré. Des ménages, il est passé aux Etats. Les banques et institutions financières ont été renflouées, vous vous rappelez?Renflouées par les Etats. Par nous. Ils ont du emprunté pour se faire... A qui? ben aux banques? Et ces emprunts sont loin d'être gratuits. Les taux d'intérêts varient même selon les pays.

Par exemple, la grèce qui a eu beaucoup de problème d'endettement se voit devoir emprunter plus que d'autres, et du coup, les "marchés" lui demandent des remboursements supérieurs... En gros, c'est comme si le pyromane, non content d'avoir été sauvé des flammes pâr le pompier, se permettait en plus de lui bruler son échelle juste après avoir été sauvé...

On en est là, l'endettement est désormais l'affaire de tous, car de nombreux Etats sont en difficulté. Ce jour la grèce, demain qui sait le portugal, ou pire encore, l'Espagne. Les hedge funds qui ont pour une large part provoqué la crise jouent à présent sur la faillite des pays (ou dit autrement, des investisseurs USA parient sur la faillite sur la grèce... ce faisant, ils risquent de la provoquer, et vu les effets sur leurs comptes suite à la crise, ils ont tout intérêt à ce que leurs prédictions soient "créatrices").

La crise financière est pour l'instant une crise sociale. Prennons les paris, d'ici quelques mois elle sera démocratique. L'euro joue sa survie, l'europe aussi. Les USA continuent à perdre de leur influence sur la sphère économique mondiale, je veux dire, dans l'économie réelle. La chine continue son petit bonhomme de chemin et fait la nique au monde entier. Tout peux arriver...

Mais chuuut

Pour rappel, on dit que cette crise est, dans son importance, semblable à celle de 29'

Elle appelle en tout cas des mesures de transformations identiques à celle d'alors.

Le problème c'est qu'à l'époque, il a fallu attendre 33 pour que le New deal soit négocié, et... 45 pour qu'il soit mis en oeuvre!

Dormons paisiblement et espérons que notre ministre Milquet nous sauvera avec sa recette d'une bêtise affligeante: activons les chômeurs non di dju... Affligeant de bêtise tout ca. Enfin, le pompon revien à la Flandre quand même qui continue à avoir dans ses préoccupations des transferts de compétences, et au nom de l'emploi... sauf que les compétences en amtières d'emploi, elles sont plus en Belgique!

Sur ce, un ouzo s'impose!

23:18 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

31.01.2010

haiti; une catastrophe pas si naturelle que ça...

L'émotion est encore présente, les bons sentiments également, mais toujours rien à l'horizon dans la grande presse pour rappeler une réalité toute simple: un tremblement de terre similaire mille km au nord est aurait fait moins de dégats humains; a haiti même, le courrier international rapportait que les quartiers riches d'haiti n'était quasi pas touché. C'est que ce tremblement de terre est avant tout un tremblement touchant le monde du capialisme financier, car sans cette dette odieuse, sans ces régimes non démocratiques corrompus à la solde des puissances du nord, sans ces ok commeciaux injustes, ce tremblement n'aurait pas causé tant de souffrances. A présent, on fait dans la charité mais demain tout redeviendra comme avant... Qui en belgique a sauté sur l'occasion pour demander l'annulation de la dette, pour dénoncer les politiques commeciales, la banque mondiale, le fmi, pour mettre en lumière une mondialisation appauvrissante et les inégalités nord-sud sur laquelle elle s'appuye, et qu'elle renforce? Quelques assoc, c'est tout....

En matière de dette, l'assoc la plus au point c'est le cadtm; voici un de leurs derniers articles qui remet les pendules à l'heure! Rien à ajouter si ce n'est... que d'hypocrisie que cet emballement de charité et que de lâcheté politique à ne pas profiter de l'occasion pour faire oeuvre de pédagogie sur le monde tel qu'il fonctionne...

De l’aide ! Le peuple haïtien doit être souverain
par Pauline Imbach , Claude Quémar

 

31 janvier 2010

 

Les promesses d’aide d’urgence et de reconstruction affluent pour secourir Haïti après le tremblement de terre. Comme en 2004 au moment du cyclone Jeanne les images de la catastrophe provoquent une réaction empreinte à la fois d’infini respect pour les victimes, de solidarité pour les survivants meurtris et de colère devant l’absence de réponses à la hauteur des évènements. Si l’aide d’urgence est indispensable, il est important de revenir sur les enjeux réels, rendus flous par le déferlement médiatique privilégiant l’émotion, le spectacle, le caritatif. La situation de pauvreté d’Haïti est loin d’être issue d’une catastrophe naturelle. Elle résulte de la mise en place méticuleuse d’un système de domination néocoloniale, imposé depuis 2 siècles par les États-unis, la France et les Institutions Financières Internationales (IFI).

L’Etat haïtien s’est construit dès le départ sur des ruines, celles imposées par une dette illégitime, puissant instrument de domination impérialiste. En 1804, Haïti conquiert son indépendance à travers une double révolution anti-esclavagiste et anticoloniale et devient la première république noire au monde. La France refusant de céder ses intérêts impose au peuple une rançon colossale de 150 millions de francs-or (21 milliards de dollars d’aujourd’hui). En 2004, Régis Debray, écarte la restitution de ces fonds prétextant qu’elle ne serait pas "fondée juridiquement" et que cela ouvrirait la "boîte de Pandore" |1|. La dette continue alors de frapper Haïti pour atteindre sous Duvalier 750 millions dollars en 1986, alors que la fortune du dictateur est estimée à 900 millions de dollars |2|. Avec le jeu des intérêts, des pénalités et de nouveaux prêts, la dette odieuse |3| haïtienne dépasse 1884 millions de dollars en 2008. Selon la Banque mondiale, entre 1995 et 2001, le service de la dette (le capital et les intérêts remboursés) a atteint 321 millions de dollars. Aujourd’hui, plus de 80 % de la dette extérieure d’Haïti est détenue par la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID).

Les IFI imposent au gouvernement haïtien des politiques directement responsables de la pauvreté, en particulier via l’initiative "pays pauvres très endettés" (PPTE). Plans d’ajustements structurels (PAS), zones franches, privatisations, accords de partenariat économique (APE) signés fin 2009,... sont les fléaux contre lesquels les Haïtiens se battent depuis des années.

2009 a été une année marquée par les luttes convergentes de nombreux secteurs de la société autour de la revendication de l’augmentation du salaire minimum. Cette question touchait le cœur même de la stratégie de domination et a permis de révéler le vrai visage de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti). Cette mission qui prétend avoir pacifié le pays a imposé des politiques de réorganisation économique. Les décisions prises conjointement par la MINUSTAH, sous commandement brésilien, et par Washington visent en effet à transformer Haïti en une zone franche. Depuis 2006, des accords spéciaux |4| ont été signés entre les Etats haïtien, états-unien et brésilien, permettant par exemple la rentrée sans droits de douanes sur le territoire états-unien de produits textiles fabriqués en Haïti. Ces mesures vantées comme créatrices d’emplois, plongent les travailleurs haïtiens dans des conditions que leurs ancêtres avaient abolies il y a plus de 200 ans.

Dans le même cadre, on assiste à la mise en place d’une politique agricole mortifère tournée vers la production d’agrocarburants, cœur de la stratégie énergétique caribéenne défendue par Bush et Lula. Près d’un quart du territoire haïtien est voué à la production du jatropha qui concurrence directement les cultures vivrières, alors qu’Haïti a connu en 2008 de graves crises alimentaires. Aujourd’hui Haïti importe 80% de son riz, alors qu’il y a moins de 20 ans, elle était autosuffisante. En 1995, la Banque Mondiale et le FMI ont réduit de 50% à 3% les taxes sur le riz importé. Le riz subventionné et produit par les Etats-unis a inondé le marché haïtien. Dans un premier temps bon marché, son prix a suivi les cours mondiaux qui ont doublé, privant la population de cette denrée et provoquant de graves famines.

La catastrophe qui touche Haïti s’appelle avant tout le capitalisme. Le peuple haïtien doit récupérer sa souveraineté, voilà l’enjeu fondamental. Il doit exiger réparation : non seulement l’annulation de la dette extérieure mais le remboursement des sommes indûment ponctionnées par les IFIs et la mise en place d’un fonds correspondant à la rançon payée à la France afin que soient menés des projets de reconstruction. Ces mesures devront s’accompagner de la mise en place d’un nouveau modèle de développement endogène, en rupture avec celui imposé par les IFIs et dont les Haïtiens détiendraient les clés.

Article publié dans l’hedbomadaire français Politis (semaine du 28 janvier au 3 février 2010)

notes articles:

|1| Eric Toussaint et Sophie Perchellet, Haïti : au delà des effets d’annonce, Le Monde, 20 janvier 2010

|2| Notons que la France a offert le statut de réfugié politique et l’immunité à Jean Claude Duvalier. La justice suisse a restitué à l’État haïtien 6 millions de dollars de biens mal acquis par Duvalier.

|3| Doctrine de droit international, c’est une dette contractée par un régime despotique et utilisée contre les intérêts de la population.

|4| HOPE I (Loi hémisphérique Haïtienne d’Opportunités à travers l’Encouragement au Partenariat) a été votée en décembre 2006 et HOPE II en octobre 2008.

 

23:08 Écrit par le chi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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